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L'INTERNAUTE

Presse | Les dernières paroles des condamnés à mort

Le titre est trompeur. Car s'il est question des dernières paroles des condamnés à mort dans le livre de Stéphane Bourgoin, ce n'est que la partie congrue de l'ouvrage, beaucoup plus riche en histoires noires et anecdotes qu'une simple liste commentée des derniers mots avant l'échafaud. Cette liste existe, elle tient une dizaine de page, et donne un florilège historique avec les mots de Pierre-François Lacenaire ("Voilà une semaine qui commence mal" - 1836) à Jérôme Carrein ("Ah, alors c'est ça ? Giscard a refusé ? C'est un enculé ! Il gracie les Arabes, mais pas les Français !" - 1977).

 

 


Entre l'humour noir et fulgurant des uns et la médiocrité des autres devant la mort — mais comment réagirions-nous ? —, c'est une véritable étude sur les réactions de l'homme face à la faucheuse, non plus supposée, mais prévue, attendue, et non plus celle des autres — car tous ces criminels étudiés n'ont jamais fait grand cas de leurs victimes — mais de la leur propre, ce qui rend les choses un peu plus personnelles. 
L'intérêt des Dernières paroles des condamnés à mort ce sont les histoires humaines et criminelles qui conduisent  à la peine capitale. Considéré dans leurs détails les plus justes, du réveil jusqu'aux derniers moments, avec aussi les faits et propos de ceux qui accompagnent les condamnés à mort jusque l'échafaud ou la chaise électrique, selon les époques. Cette série d'histoires, plus d'une centaine de cas étudiés, se lit comme le roman du couloir de la mort, même Stéphane Bourgoin a plus le style verbal d'un raconteur que celui d'un romancier. 
Loïc Di Stefano